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CARRE D'AS 2008

Voici mon carré d'as pour les sorties de 2009:

1

2

Walt Disney Studios Motion Pictures France

3

Affiche américaine. Paramount Pictures

4

Vu le grand nombre de films sortis en 2008 que je n'ai pas encore vus, ce "mini-classement" est bien sur provisoire et sera changé ou bouleversé au fil de mes projections futures.

Quelques prétendants (pas vus donc) qui risquent de changer la donne dans les prochaines semaines:

Quelques films nationales que j'ai aimé:

Quelques comédies qui m'ont diverties:

Ceux que j'aurais voulu pouvoir aimer, hélas...(les déceptions quoi):

Ceux que je n'aurais jamais du voir :

 
Into the Wild - ma note pour ce film :
Réalisé par Sean Penn
Avec Emile Hirsch, Marcia Gay Harden, William Hurt, ...
Année de production : 2007
Absence


Absent depuis quelques semaines pour cause d'emploi du termps chargé (divers projets musicaux...) je profite de ce début d'année pour saluer les habitués et amis et leur présenter mes meilleurs voeux pour 2009, en attendant un retour prochain....

BONNE ANNEE 2009

Souhaitons-nous pleins de bons films......

 
En mon absence
LES 7 SAMOURAïS

FRESQUE GRANDIOSE

Le dixième anniversaire d'Akira Kurosawa agrémenté d'un petit article dans la rubrique "il y a10 ans" ayant provoquer en moi une subtile (mais tenace) envie de plonger dans l'œuvre du maître japonais je choisit pour me lancer en douceur (certains films du maître étant plus exigeants que d'autres) de revoir le sommet: "les 7 samouraïs" mais pour la première fois en version intégrale, c'est à dire 3 h15 tout de même.

Et première reflexion, comment a t'on pu à l'époque (on est en 1954 et donc pas à l'heure du tout commerce) amputer cet œuvre magistrale, pour ne garder que les scènes guerrières en occultant tout le pan social, pour moi le plus intéressante, . En effet, plus qu'un banal film de guerre médiéval japonnais c'est bien une fresque social que nous conte Akira Kurosawa pendant ces presque 200 minutes. Plus que l'affrontement musclé entre des samouraïs et des bandits pilleurs de village, c'est la confrontation psychologique entre le monde paysan et celui "aristocratique" de leurs défenseurs ronins qui prime subtilement.

Le personnage agité de kikuchiyo  interprété par le grand Toshirô Mifune (figure de Kurosawa) est la clef de cet axe. Si le début du film nous le dépeint comme un "loser" désirant devenir samouraï sans en avoir la capacité, le scénario va progressivement nous dévoilé ses ombres et notamment son passé de paysan persécuté. Il deviendra donc pour Akira le pont entre ses deux cultures, en nous livrant quelques scènes magnifiques.

Kurosawa osculte aussi les complexités de l'âme humaine, comment le même homme peut faire preuve autant de générosité que d'égoïsme selon les circonstances et le besoin qu'il a des autres. Ici contraste la dévouement quasi-gratuits des samouraïs (payés en rations riz, une idée pour le MEDEF) figuré par Kambei (Takashi Shimura) homme d'honneur et de compassion et à l'opposé l'égoïsme parfois cruel des villageois une fois débarrassés des pillards. La scène finale en étant la plus belle démonstration: les survivants samouraïs veillent les tombes de leurs compagnons morts quand les paysans festoient de leur coté, maintenant qu'ils n'ont plus besoin de leur sauveurs, ils peuvent les oublier.A l'image du jeune samouraï amoureux (Katsutchiro) éconduit par une villageoise, son destin sera la guerre et non la romance. Peut alors retentir la réplique lucide du samourï ; "ce n'est pas nous qui avons gagner, c'est les paysans..."

Les sept samouraïs sait mélanger à la fois, l'action, le comique, le drame dans un impeccable souci de réalisme. Novateur pour l'époque (scène d'action au ralenti, ingénieuse utilisation d'ellipses) la réalisation d'Akira Kurosawa pose les bases d'un certain cinéma et nombreux réalisateurs vont s'en inspirer ou adapter ses œuvres. Les sept samouraïs deviendra "les sept mercenaires" avec un casting du tonnerre (Yul Brynner, Steve McQueen, Charles Bronson...) excellent western, un bon remake mais étant beaucoup moins profond il souffre de la comparaison avec son modèle, un conseil donc ne faites pas comme moi, ne regarder pas les deux à la suite. D'autres vont nettement s'inspirer comme Georges Lucas pour la saga Star Wars qui reconnait volontiers s'inspirer largement de Kurosawa. Il dira plus tard avoir vécu à la vision de ce film un véritable choc culturel et une expérience bouleversante.

Ce film marque donc définitivement de son empreinte l'histoire du cinéma mondiale et donne une envie de poursuivre cette aventure dans le cinéma d'Akira l'empereur japonais.

Pour conclure j'ai emprunté ce croquis d'un blogger au coup de crayon affuté qui relate une scène du film, d'autres dessins sont visible sur son site: "Terence Malim's art galler".

"La mode se démode, le style reste!" : Une phrase de Coco Chanel qui s'applique tout à fait au cinéaste japonais!

Titre original : Shichinin no samurai   -  1954

 
Les Sept Samouraïs - ma note pour ce film :
Réalisé par Akira Kurosawa
Avec Toshirô Mifune, Takashi Shimura, Yoshio Inaba, ...
Année de production : 1954
THERE WILL BE BLOOD
Walt Disney Studios Motion Pictures France


L'ÉVANGILE SELON J.R.

Ce n'est pas du sang qui coule dans les veines de Daniel Plainview (Daniel Day Lewis) mais un pétrole épais et poisseux!

Début des années 1900 en Californie Daniel est un pionnier de la prospection pétrolière, il sillonne le pays à la recherche du moindre lopin de terre où planter son derrick pour extraire son précieux Graal: l'or noir.

Daniel est ambitieux, Daniel est prêt à tout, Daniel revêt le cynisme comme un long manteau, le bagou est sa langue maternelle mais Daniel, contrairement aux requins contemporains de la finance, ne voyage pas en chemise blanche, Daniel n'a pas peur de relever ses manches et de plonger ses mains (et son âme) dans le "cambouis." Daniel ne craint pas de se salir les mains, tant au propre qu'au figuré.
Face à lui Eli (Paul Danoparfait en pasteur plus préoccupé par sa personne que par ses brebis, et si les deux hommes prennent des chemins differents, les deux prêchent le même évangile celui de l'ambition et de la réussite personnelle.

Affiche américaine. Miramax Films

"There will be blood" est un choc. PT Anderson filme admirablement cette fresque au pays de l'or noir. Comme à son habitude Anderson ne craint pas de prendre des risques: D'abord une audacieuse et longue introduction muette de quinze minutes, puis une utilisation habile et originale d'une musique intemporelle et dissonante (composé par Jonny Greenwood de Radiohead ) rythmant et enrobant les séquences-clefs, pas de romance enfin, pas de joli minois bankable pour un héros plus ermite que playboy.Pas de place pour l'eau de rose donc, personnage ambigu, le "gold digger" souffle plus le froid que le chaud quant à Eli c'est une véritable tête à claque (quoi ne me dites pas que vous n'avez jamais eu envie de le gifler pendant le film? ...)

Affiche américaine. Miramax Films


 

Daniel Day Lewis est un acteur hors du commun, il l'a déjà largement prouvé (Gangs of NY, my left foot, the boxer, au nom du père ....), il n'interprète pas Daniel Plainview il EST cet homme brut de décoffrage. Comme toujours il s'investit totalement dans son rôle en vrai "performer". Presque possédé par son personnage même en dehors des prises, il peut faire vivre un enfer aux autres comédiens sur un tournage. Pour ses partenaires donc, mieux vaut qu'il incarne un personnage sympathique hélas c'est plutôt rare.

Un film inflammable à manipuler avec prudence, sans avoir peur de respirer toute la noirceur que peut charrier l'âme humaine: ambition, argent, secrets de famille, manipulation tout est poisseux dans le cœur de ceux qui sont prêt à tout pour réussir!

Paul Thomas Anderson soigne des séquences magnifiques (accident dans le puit, derrick en feu...) Le magnat du pétrole se délabre sous nos yeux pendant les 2H 38 de film, jusqu'à une scène finale très forte et une démonstration d'interprétation qui justifie toute la préparation particulière en amont d’un Daniel Day Lewis en fusion. Ascension et chute, grandeur et décadence,  impossible de redresser les pièces, le magnat géant restera démantibulé à jamais.

Une grande réalisation, une grande interprétation, au service d'un grand film envoûtant et puissant.
Forcement déjà dans le top 3 de 2008 !



Daniel Day-Lewis. Walt Disney Studios Motion Pictures France

"plus j'observe les gens moins je les aime..." (Daniel Plainview)


Les Plus:
- L'interprétation magistrale de Daniel Day-Lewis.
- Des plans d'une grande beauté.
- Un montage efficace et malin.
- En fait tout est bon.

Les Moins:
- Rien à jeter (surtout au prix actuel du pétrole!)


Sortie France: 27 février 2008

 
There Will Be Blood - ma note pour ce film :
Réalisé par Paul Thomas Anderson
Avec Daniel Day-Lewis, Paul Dano, Dillon Freasier, ...
Année de production : 2007
CORTEX

Wild Bunch Distribution

LA MEMOIRE QUI FLANCHE

L'ancien flic Charles Boyer (André Dussolier) est placé dans un centre spécialisé pour les malades d'Alzheimer. S'il perd un peu la tête, il conserve son bien le plus précieux: l’instinct et celui-ci va le mettre en alerte quand des malades à la pelle commencent à passer l'arme à gauche, mais vu son état, il est légitime de s'interroger sur le bien fondé de ses soupçons.

André Dussollier. Wild Bunch Distribution

"voyons 1 cadavre + 2 cadavres combien ça fait déjà?"

Cortex n'est pas le premier film traitant de la maladie d’Alzheimer, il y bien sur eu "se souvenir des belles choses" (qui a fait passer Zabou Breitman de présentatrice de récré A2 à réalisatrice reconnue ) et plus récemment l'excellent et touchant "Loin d'elle" de  Sarah Polley avec la prestation magistrale de Julie Christie.

Mais Cortex est le premier film à regarder cette maladie sous un angle nouveau. Pas de complaisance, pas d'attendrissements inutiles Nicolas Boukhrief ne tire aucune grosse ficelle pour nous arracher des larmes. Au contraire il filme de front ce personnage atypique obliger de se sublimer pour convaincre son entourage incrédule ( à part quelques compagnons de tablée quelque peu "mythos") convaincre son propre fils d'abord puis nous-même spectateurs qui doutons forcément de ces capacités

Aurore Clément, Claire Nebout et André Dussollier. Wild Bunch Distribution

Bon appétit!!!

Cortex renouvelle forcément le genre "enquête policière" là où d'habitude on se demande qui est le coupable, ici on se demande "y'a t'il seulement eu un crime?"

Boukhrief surprend, qui peut croire que c'est le réalisateur du spectaculaire "le convoyeur" qui nous entraîne ici en déambulateur dans cette enquête plutôt lente. Mais le plus surprenant c'est que ça fonctionne malgré le manque d'action (le scénario étant écrit du point de vue du flic malade) on est pris dans le suspense à se demander si cet établissement est un repaire d'affreux tueurs de mémés en blouses blanches ou si "le flic à mémoire morte" se monte simplement la tête en se mélangeant les neurones dans son cortex fatigué. Ne comptez pas sur moi pour vous donner la réponse, il vous faudra attendre les 105 minutes que dure le film.

André Dussollier est convaincant dans ce rôle, très crédible en malade qui tente de resserrer ses derniers boulons céphaliques. Je ne l'avais jamais vu comme ça !

André Dussollier. Wild Bunch Distribution

"C'est quoi ce tableau, je ne me souviens plus avoir acheté une horreur pareille..."

Les Plus :

- André Dussollier très convaincant en malade.

- Suspense & originalité.

Les moins:

- Un manque d'action qui peut surement en rebuter beaucoup (bien que moi, ça ne m'ai pas dérangé)

Sortie France: 30 janvier 2008

 
Cortex - ma note pour ce film :

Année de production : 2006
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